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Comment je pourrais bien t’expliquer ça. C’est comme traîner une tonne de roche sur ses épaules, un boulet en acier à ta cheville et un boxeur qui te donne des coups dans le ventre. Cependant, pour ceux qui vivent de la dépression chronique, saisonnière ou vivent avec la bipolarité (hello!), c’est un quotidien parfois à vie. Certes, on a nos moments de joie, c’est juste que plus souvent qu’autre chose, le sourire tend à moins montrer les dents.

La dépression, une vraie maladie et fléau de l’ère moderne

Je vais commencer avec un extrait d’un article du gouvernement du Canada:

Au Canada, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes feront une dépression majeure au cours de leur vie. La dépression peut diminuer la qualité de vie, entraîner des difficultés relationnelles et une perte du temps consacré au travail ou aux études, engendrer des maladies chroniques comme le diabète ou les maladies du coeur et, parfois, mener au suicide. Heureusement, dans la plupart des cas, il y des traitements efficaces pour traiter la dépression.” Source: Gouvernement du Canada

C’est quand même un haut pourcentage de la population. Malheureusement, je suis entré dans cette statistique en 2010 et tout récemment un diagnostic à confirmer de bipolarité de type 2. Mettons que ça fait beaucoup à digérer, mais un énorme soulagement.

La dépression est une maladie qui ne date pas d’hier, mais qui semble gagner énormément de terrain, et ce, rapidement chez les jeunes. Par le biais des jeux vidéos, du temps d’écran et du manque d’interactions sociales. Avant de me lancer des pierres, sachez que la majorité de mon adolescence j’étais sur un ordinateur à jouer et m’isoler et je comprends parfaitement les répercussions aujourd’hui. Plus de 12 heures par jour à jouer, chaque jour, c’est quelque chose.

La dépression, c’est aussi près de 4 000 Canadiens qui s’enlèvent la vie chaque année, 24% de tous les décès chez les jeunes de 15 à 24 ans. Source: Fondation Douglas

Loin de moi de vouloir sonner alarmiste, mais il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société et nos modes de vie. Est-ce la pression scolaire, le désir de vouloir surperformer au travail? Probablement, je ne suis pas un spécialiste de la chose, juste un survivant. C’est quand même pas moi qui dis que d’ici 2020, la dépression grimpera au 2e rang du fardeau mondial en santé. C’est l’Organisation Mondiale tout de même.

Au quotidien, vivre avec la dépression c’est assez … quelque chose

Là, je m’arrête. Juste le temps de t’expliquer qu’il y a différents niveaux d’intensité de dépression de faible à sévère. Ça va dépendre des gens, mais dans mon cas, je varie beaucoup entre le modéré à élever. C’est pas facile à décrire parce que chaque jour est différent. Mais allons-y avec ma moyenne personnelle.

Le matin, j’essaie de me lever vers 7h00, parce que sinon je prends trop de temps à me lever et j’arrive en retard au travail. Je ne prends pas le temps de déjeuner, car je reste trop longtemps au lit et faut que je parte. Et puis, j’ai pas tant faim que ça.

Au travail, j’ouvre mes courriels en croisant les doigts que j’en ai pas trop. La majorité d’entre eux sont des infolettres que je lis quand même. Elles sont utiles pour ma job.

L’avant-midi, tout dépend de l’humeur. J’ai parfois envie de brailler dans mon coin en petite boule, je cherche sur internet comme s’en sortir avec la dépression et si je suis chanceux je me tape une attaque de panique. Tout ça en essayant de passer au travers de mes tâches sans trop de délais et d’erreurs.

Midi, je dîne à mon bureau en pensant à pourquoi je vis ces émotions, pourquoi je suis comme ça et qu’est-ce qui va m’arriver dans le futur. Good job pour kick-in plus d’anxiété. Déjà que mon compte en banque est vide c’est assez pour un round two de crise de panique. Je prends 10 minutes pour manger et je retourne travailler, parce que tsé, j’ai pas fait grand-chose en avant-midi à part m’auto diagnostiquer.

En après-midi, j’ai parfois envie de partir chez nous et dormir. D’autres fois je trouve assez d’énergie pour finir les tâches que j’avais. Mettons que même si t’es malade, life goes on. C’est pas comme une maladie physique où t’as ton billet du médecin parce ta jambe est cassée. Tout ce qui touche la psycho est pas plus ésotérique niveau médical et c’est dur de faire comprendre aux gens ce que tu vis et à quel point tu veux bien faire sans avoir l’air d’un gros paresseux (mon point de vue).

Enfin le soir, si j’arrive à faire à souper ou quelque chose c’est super, mais la majorité du temps c’est direct dans mon lit parce que je n’ai plus d’énergie  dans mes batteries. Dormir? C’est ça la joke, tu fais sois de l’insomnie ou de l’hypersomnie. C’est cool hein?

Mon quotidien et pas le tiens

Vivre avec la dépression au quotidien dasn mon cas est différent de plein de gens. C’est ce qu’on va voir plus bas. Cependant, y’a des jours où j’ai vraiment envie de tirer la plug, vendre tout et partir au loin pleurer. Mais je ne le fais pas. Parce que ça serait donner raison à ma dépression et je sais que je suis plus fort que ça.

C’est toujours comme ça la dépression?

Là je te rassure, c’est pas toujours comme ça. Parfois c’est vraiment normal comme journée et d’autres fois c’est pire. C’est mon cas personnel et pour d’autres personnes, ça peut se passer très bien. Est-ce que j’ai des pensées de mort. Certain! Est-ce que j’ai envie de passer à l’acte, non. C’est vraiment ça avec la dépression c’est que t’as parfois le goût de faire disparaître ta peine et ton négatif et tu veux vraiment juste enlever ce fardeau de ta vie.

Vivre avec la dépression, ça diffère d’une journée à l’autre. Avec des symptômes différents chaque jour. Mais il n’en reste qu’elle est bien présente et peut carrément pourrir ta vie.

Dans les symptômes de la dépression, tu as:

  • L’humeur dépressive et triste;
  • Des pensées négatives la majorité du temps;
  • Un tempérament coléreux, agitation ou même ralentissement psychomoteur;
  • Une perte ou un gain de poids;
  • Une diminution marquée pour les intérêts, le plaisir ou les activités d’avant;
  • De la fatigue et de l’épuisement (physique et psychologique);
  • La diminution de la concentration et capacité à réaliser des tâches simples;
  • Pensée de mort, idées suicidaires, pertes d’envie de continuer à avancer;
  • Etc.

Comme tu peux le voir, on a le choix (pas vraiment) du cocktail quotidien. Anyway, je ne suis pas psychologue, si tu veux savoir la distinction entre une dépression légère, modérée et sévère je te conseille de lire cet article: qu’est-ce que la dépression majeure (ou caractérisée) légère, modérée et sévère ?

Comment on s’en sort?

Pour certaines maladies mentales, la dépression peut être présente à vie. Dans d’autres cas, c’est possible de régler le tout avec de médicaments et de la thérapie. Ce que je conseil, c’est de ne pas attendre que vous soyez en dépression sévère pour demander de l’aide. Ça m’aura pris 4 ans avant d’aller voir quelqu’un et je le regrette. Je croyais être plus fin, mais j’ai touché un fond qui s’est creusé encore plus.

Appelle ton CLSC, ton médecin de famille ou même un proche pour entamer les démarches. J’ai fait le move en mai 2019 et je suis en traitement. Est-ce que ça marche? Laissons passer quelques mois et on en reparlera.

Enfin, j’aimerais juste te dire que tu n’es pas seul ou seule à vivre ça si tu vis de la dépression en ce moment. Il y a de l’aide, il faut juste accepter de la prendre. Tu n’es pas anormal, tu vis juste un épisode où ton cerveau en demande peut-être trop et peut-être que tu en donnes trop aussi. T’as le droit de t’arrêter, même si ça veut dire une diminution du salaire ou un arrêt de tes activités. C’est ta santé qui compte en premier. Chose que je n’ai pas comprise encore, lol.

Voici des liens pour t’aider:

En cas de détresse

Association de la prévention du suicide
– Besoin d’aide immédiatement? 1 866 277 3553
Le centre de crise du Québec
– L’organisme REVIVRE

Pour en apprendre plus sur la dépression:

TEL-JEUNE: Suis-je en dépression?
Qu’est-ce que la dépression – gouvernement du Canada
La dépression fait mal

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