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Bien souvent, j’aime reprendre l’analogie de Forest Gump où il mentionne que la vie c’est comme une boîte de chocolat. Tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber. Cependant, j’aime aussi dire que c’est un coffre à outil. Plus tu avances et plus ton bagage se remplie d’expériences de vécu et d’outils de la vie.

Certaines personnes s’outillent très tôt, volontairement ou par les aléas de la vie. D’autres auront une voie plus dégagée. Néanmoins, tout le monde a ce coffre et on doit apprendre à utiliser les outils qui nous sont offerts.

Mais apprendre à se connaître… comment y arrive-t-on?

Vivre avec l’anxiété et la dépression

Dans les dix dernières années, j’ai jonglé entre des ascensions de montagnes et des chutes majeures. Une jonglerie d’épisode d’anxiété et de dépression sans trop savoir pourquoi ça m’arrivait.

Quand tu as 16-17 ans, ton réflexe n’est pas d’aller voir un psychologue parce que ça va mal. On croit à tort que ce sont les hormones ou une phase de la vie. Hors, ces signaux ne devraient pas être pris à la légère.

Savais-tu que 75% des personnes qui connaîtreront un problème de santé mentale le développeront avant leur 25 ans? De plus, 50% d’entre-eux avant 14 ans? C’est à donner froid dans le dos. Hors, le système de santé n’est pas équipé pour recevoir la demande et les mauvais diagnostique ne font qu’augmenter.

J’ai longtemps vue la maladie mentale comme une honte. Ce sentiment de ne pas être normal et de ne pas être bien dans sa peau. Dix ans de ma vie à me sentir mal, chaque jour, chaque mois, 24/7. J’ai certainement eu des moments heureux où je n’y pensais plus activement.

Cependant, c’était et ce l’est encore, constamment dans mon inconscient. Semblable à une trame de fond sans arrêt.

Le pire dans tout ça, c’est que dans mon conscient, je me suis menti à dire que c’était normal de vivre de cette façon. De toujours me remettre en doute et voir mon niveau d’anxiété atteindre des sommets. Et en parallèle vivre une profondre dépression.

Impossible de mettre sa vie sur pause

L’anxiété, c’est vivre dans le futur. La dépression, c’est vivre dans le passé. Ça ne laisse pas grand place au présent, non? Mais la vie ne s’arrête pas.

Il n’existe pas de bouton pause comme dans le film “Click” où Michael Newman (joué par Adam Sandler) s’amuse à changer le cour de sa vie avec une télécommande. Malheureusement, on voit bien à la fin du film que les répercussions sont majeures.

C’est par contre tout ce que les gens ayant une “bébitte” noire dans l’esprit espèrent avoir. Juste un moment pour dire “stop”.

Et c’est d’autant plus difficile de le faire dans un monde de performance où même à l’école c’est mal vu être différent. Ce n’est pas normal de voir des jeunes vivre le même taux d’anxiété qu’un employé corporatif qui fait du 80 heures semaine. CE SONT DES ENFANTS!!!

Ils ne peuvent pas dire d’eux même ça suffit, par peur de répercussions. Devoirs, compétitions sportives, compétitions scolaires, activités parascolaires et tout ce qui est digne d’un horaire d’universitaire au troisième cycle. On leur demande de performer, performer et performer. Et parfois, ça mène à l’inévitable.

C’est aussi le travail des parents à faire de la prévention, mais c’est pour un autre article.

La solution? Apprendre à se connaître

Qui suis-je? Que fais-je? Pourquoi je le fais? Ce sont toutes des questions importantes à se poser et três tôt dans sa vie. C’est le genre de cours à l’école qui serait utile ou de session d’information dans les environnements de travail. Des sujets dans le style:

– Qu’est-ce que les stress et comment le gérer?

– Quelles sont mes qualités et mes belles réalisations?

– Comment puis-je gérer mes émotions?

– Comment réagir dans telle situation?

– Comment mieux m’organiser à l’école?

Comment prioriser?

Mais on oublie surtout le plus important: Qu’est-ce qui me rend heureux et bien dans ma peau. D’ailleurs, on dit généralement que plus les connaissances sont grandes, plus il est possible de contrôler ce que l’on veut. Alors pourquoi la majorité de gens ne le font pas avec eux-même?

Apprendre à se connaître est une tâche que j’évaluerais de difficile. On connait mieux ses amis, son entourage et même les inconnus. On les juges et on les analyse. Cependant, à quand remonte la dernière fois qu’on s’est posé des questions sur soi? Un ou deux fois par année?

Et oui, parfois il faut tomber rock bottom pour commencer à remonter et à se poser des questions un peu plus philosophiques. Elles viennent souvent à l’étape de dépression et d’acceptation que tu verras plus bas.

La courbe du changement

Aussi appelé: étapes du changement, elle symbolise un mouvement passant d’un état de déni à un état d’intégration. Cette courbe fût théorisée par Klüber Ross, une psychiatre américaine. On constate que le niveau de motivation, de moral et de productivité baisse drastiquement en dépression.

À cette étape, une personne peu rester quelques semaines voire quelques années dans cet état. C’est une fois que la personne accepte de voir d’autres possibilités que le tout devient meilleur.

Au niveau de la santé mentale, je résume pas mal à quatre étapes.

  1. L’état de choc et de déni (tentative, diagnostique médical, deuil, etc)
  2. L’état de colère et de peur (peur du futur, angoisse, colère associé au déni, etc)
  3. L’état d’acceptation du problème (réalisation, aide extérieure, révélations, etc)
  4. L’engagement vers le changement (Aller chercher de l’aide, changement des habitudes, plan de réhabilitation, etc)

J’ai été dix ans dans un état de peur, de déni, de choc et de colère envers moi-même. Depuis un mois, j’ai accepté qu’il y avait un réel problème et il y a seulement deux semaines que je devais demander de l’aide. Oui, ça pèse sur l’égo. Mais qu’est-ce qui est le mieux?

Vivre à reculons ou voler en toute liberté? Parce qu’on va se le dire. Les problèmes de santé mentale sont métaphoriquement une prison.

Pour apprendre à se connaître, il faut puiser dans son coffre et même aller au magasin pour s’en procurer d’autre.

Prendre son coffre à outil et vivre

Finalement, toutes ces expériences forgent le caractère. La dépression m’a amené à être beaucoup plus empathique dans diverses situations. Je pèse mes mots et je ne juge pas.

L’anxiété, quant à elle, m’a ouvert les yeux sur mes émotions. Elle m’a appris à nommer ce que je ressens et à me rendre vulnérable.

Certes, je vis encore des épisodes dépressifs, je fais parfois des crises de paniques. Ce qui a changé, ce fut de me poser les bonnes questions. De ne pas avoir peur d’aller chercher de l’aide. De vouloir vivre une meilleure vie malgré la maladie.

Oui c’est dur. Oui parfois j’ai le goût de tout sacrer là. Mais mon expérience m’a montré à persévérer et surmonter mes obstacles. À changer ma vie on peut dire.

Si toi aussi tu vis une badluck ou que tu ne te sens pas bien, je t’invite ouvertement à m’écrire ou aller chercher de l’aide. Renseigne-toi si tu n’as pas accès à un programme d’aide aux employés (PAE) ou si dans ton entourage, des proches pourraient t’aider.

En attendant, je veux que tu sâches que tu n’es pas seul(e). Que ça va aller mieux et ta vie à une valeur inestimable aux yeux de ton entourage et des miens.

Il existe des ressources et de l’aide

J’ai souvent cru que j’étais seul avec mes petits problème et que personne ne pouvais m’aider. Cependant, j’avais tout faux. Il y a des centaines de ressources pour t’aider. Je t’en pris, parles-en!

Pour m’écrire: [email protected]

En cas de crise:https://www.centredecrise.ca/

En cas d’urgence: https://www.aqps.info/ (1-866 277-3553)

Groupe de soutien et d’entraide:

https://www.revivre.org/

https://aqpamm.ca/

http://www.arcencieldesseigneuries.org/

– Votre CISSS ou CLSC local

Cheerios!
Charles 🙂

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